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Revenir sur les tatamis après une blessure

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Returning to the BJJ Mat Post-Injury

Revenir sur les tatamis après une blessure

Comme vous le savez peut-être déjà, se blesser sur le tatami au cours de votre parcours en Jiu-Jitsu brésilien n'est pas une question de « si »... c'est une question de « quand ».

Les accidents arrivent tout le temps. Peu importe votre force ou votre talent, ou à quel point vous préparez votre corps aux rigueurs de l'entraînement de BJJ, vous ne pouvez pas tout éviter ni tout prévoir. Il y a simplement trop de facteurs en jeu : les mouvements dynamiques, les actions et réactions de votre partenaire, les autres personnes qui combattent sur le tatami, et même votre état ce jour-là ou le nombre d'heures que vous avez dormi la veille. Tout cela contribue au risque de blessure. Vous pourriez même vous blesser en dehors du tatami et devoir arrêter de vous entraîner pendant un certain temps.

Oui, c'est nul. Mais ce qui est pire, c'est de revenir au Jiu-Jitsu sans stratégie pour éviter de vous blesser à nouveau, ce qui prolonge votre absence du tatami. Croyez-nous, nous sommes tous passés par là.

Alors, si vous faites partie du club (bienvenue), voici quelques conseils pour votre retour sur le tatami :

Résistez à l'envie de revenir trop tôt

La peur de manquer quelque chose est bien réelle, et elle est dangereuse, autant pour votre santé mentale que physique, surtout si vous vous remettez d'une blessure. Selon la gravité de votre blessure, vous avez probablement ressenti une anxiété croissante à l'idée d'être loin du tatami, de manquer tous les cours et de prendre du retard sur vos coéquipiers, surtout sur votre ennemi juré (nous savons que vous en avez un, nous en avons tous un).

Pourtant, il est important de calmer ce sentiment toxique et de résister à l'envie de revenir sur le tatami avant d'être prêt. Votre médecin (si vous avez consulté un médecin, hum hum) vous a peut-être donné un échéancier de rétablissement. Vous pourriez être tenté de croire que cet échéancier s'applique à la personne « moyenne », mais que ce médecin connaisse ou non les athlètes, il en sait un bout sur la guérison. Et désolé de vous l'apprendre, mais votre temps de récupération ne sera que légèrement meilleur que celui de la moyenne des gens, peu importe à quel point vous suivez votre régime carnivore.

Évaluez vos limites

Selon votre blessure (fracture, entorse ligamentaire, lacération des tissus, ou tout ça à la fois), vous ne serez pas à 100 % « revenu à la normale » quand vous recommencerez à vous entraîner. Certaines parties seront raides, sous-utilisées et fragiles.

Tenez compte de votre blessure et des limites qu'elle peut imposer à votre jeu. Vous vous êtes déchiré le ligament croisé antérieur? Allez-y doucement avec les knee slices et la garde De La Riva. Vous vous êtes étiré le dos? Mettez vos inversions de côté (du moins quand vous ne combattez pas avec une personne plus petite) et travaillez votre jeu du dessus pendant un temps. Et, évidemment, évitez tous les passages en stack. Vous vous êtes déchiré la coiffe des rotateurs? Évitez pour un temps les combats de prises agressifs, la lutte et les gardes au revers, qui peuvent solliciter votre épaule. Ah, et tapez tôt sur les clés d'épaule. Ça ne devrait pas avoir besoin d'être dit, mais nous y voilà.

Si vous êtes du genre à voir le verre à moitié plein, voyez cela comme une occasion de diversifier votre jeu. Vous ne pouvez pas faire certains mouvements (peut-être les mêmes qui vous ont blessé au départ), alors pratiquez-en et perfectionnez-en d'autres... évoluez.

Choisissez vos partenaires avec soin

Fini l'époque où vous acceptiez de combattre avec n'importe qui. Du moins pour un temps. Honnêtement, vous auriez probablement dû choisir vos partenaires avec soin dès le début.

Quand vous revenez d'une blessure, il est extrêmement important de vous entraîner uniquement avec des personnes en qui vous avez confiance. Faire confiance à quelqu'un en tant que personne et lui faire confiance en tant que partenaire d'entraînement sont deux choses différentes. Vous avez peut-être un ami à qui vous confieriez votre vie, mais qui, sur le tatami, se jette sur une jambe comme un chien enragé. Vous avez peut-être un autre ami, un être humain merveilleux, mais tout simplement maladroit, qui pourrait vous blesser à nouveau sans le vouloir en étant, eh bien, maladroit.

Il est important non seulement de bien choisir vos partenaires, mais aussi de communiquer avec eux. Votre partenaire d'entraînement a sa propre vie et peut ne pas savoir, ou ne pas se rappeler sur le moment, que vous venez tout juste de revenir sur le tatami. Rappelez à vos partenaires, plusieurs fois s'il le faut, que vous n'êtes pas tout à fait prêt pour une finale des Championnats du monde.

Poursuivez votre réadaptation

Ce n'est pas parce que vous avez reçu le feu vert pour revenir sur le tatami que vous êtes revenu à 100 % à la normale. Vous le savez peut-être déjà. Mais je vois trop souvent des athlètes arrêter la physiothérapie ou négliger leur propre réadaptation, en comptant plutôt sur l'entraînement de Jiu-Jitsu pour « les remettre sur pied ».

C'est imprudent, et cela ne fera que retarder davantage votre retour complet à votre niveau d'avant la blessure. D'abord, l'entraînement de Jiu-Jitsu n'offre pas l'approche équilibrée et structurée dont votre corps a besoin pour reconstruire la force, la souplesse et l'amplitude de mouvement de la zone blessée. En fait, beaucoup d'entre nous (et par « beaucoup », je veux dire presque tous) s'entraînent de façon très unilatérale. Nous faisons certains renversements, passages de garde, amenées au sol, etc., surtout d'un côté et très rarement de l'autre. Cela tend à créer des déséquilibres néfastes, même chez un athlète en parfaite santé.

Poursuivez votre réadaptation, même au-delà du moment où vous pensez ne plus en avoir besoin. À ce stade, vous pouvez la considérer comme de la « préadaptation », qui aide à prévenir d'autres blessures à l'avenir.

Écoutez votre corps

Surtout, écoutez votre corps. Vous serez tenté de rattraper le temps perdu en vous entraînant encore plus qu'avant votre blessure. C'est le jumeau de la peur de manquer quelque chose : l'envie de tout rattraper.

Reposez-vous quand vous en avez besoin, pour ne pas vous blesser à nouveau et retarder votre rétablissement de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Quand je dis repos, je ne parle pas seulement d'un round de pause. Quand vous vous sentez surmené, mentalement ou physiquement, prenez une journée de congé, voire deux, ou même une semaine entière. Je mesure généralement mes journées de repos selon que je ressens de l'anxiété ou de l'appréhension à l'idée de m'entraîner avec les personnes que je sais présentes sur le tatami ce jour-là. Si c'est le cas, je ne serai pas à mon meilleur (ou à mon meilleur du moment) et je prendrai des risques inutiles.

N'oubliez pas : le tatami sera toujours là.

Entraînez-vous prudemment et récupérez intelligemment, mes amis.

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